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 [solo] Nio's Sweet Home

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Nio Diostia
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MessageSujet: [solo] Nio's Sweet Home   Sam 19 Juil - 23:15

___Ce jour-là, le ciel était sombre au-dessus de Médiéval. Depuis cette grande bataille, une odeur de mort planait sur ces lieux et les larmes des défunts retombaient régulièrement sur ce sol devenu stérile. Peu de personnes osaient encore s’aventurer en ces ruines, qu’ils soient mortels ou non. Les hommes et autres créatures humanoïdes avaient fui vers la ville voisine, Myth. Les anges hésitaient à revenir sur les lieux de leur plus terrible défaite. Quant aux démons, bien que l’apparence du lieu ait pu leur plaire, ils n’avaient plus rien à y faire. En effet, l’absence de proie rendait cet endroit bien ennuyeux. Cependant, les ruines de Médiéval n’étaient pourtant pas totalement vides. On pouvait y croiser de temps à autre des morts revenus à la vie sous quelques formes que ce soit : fantômes, goules ou autres liches, vagabondant dans l’ancienne ville prospère sans raison d’être. On y trouvait également un grand nombre de petits animaux, se réfugiant ici à l’abri de prédateurs ne pouvant résister à cette pestilence mortuaire.
___Pourtant, entre les gouttes de pluie, on pouvait distinguer un être volant dans le ciel. Ni même l’orage ou l’aura maléfique de ces terres ne semblait l’intimider. Les éclairs réguliers permettaient de dessiner avec une clarté surprenante sa silhouette. C’était une démone. Plus précisément, une succube. Il était particulièrement surprenant de croiser une succube dans un lieu de mort. En effet, celles-ci vivaient des fluides vitaux d'autres êtres vivants, jamais une succube n’irait délibérément dans un cimetière ou tout autre lieu sans vie, là où elle ne pouvait se contenter. Pourtant, cette succube était bel et bien là, et semblait bien décidée à y rester.
___Elle volait à toute vitesse au-dessus de la ville, portant deux grands sacs avec elle. De temps à autres, elle redescendait au sol, ramassait quelconques objets et les fourrait dans un de ses sacs avant de redécoller aussitôt. Elle semblait chercher quelque chose, fouillant les ruines de la ville. Elle s’approcha alors d’une église qui tenait encore à peu près debout, malgré la violence de la bataille qui avait frappé cet endroit. Passant par un trou dans le toit, elle se posa en douceur dans la nef. La porte principale de l’église était impossible à ouvrir, bloquée par les nombreux débris, aussi le seul moyen d’y entrer pour une créature de taille humaine était par les airs. C’est la raison pour laquelle de nombreux petits animaux s’y réfugiaient. D’ailleurs, quand la succube atterrit, ceux-ci partirent se cacher derrière les débris, craignant l’arrivée d’un prédateur. La succube lâcha ses deux lourds sacs puis étira ses ailes et bras un peu endoloris après ces longues heures passées dans les airs. Elle aperçut alors un petit rongeur l’observer à distance. La succube lui sourit puis lui fit signe d’approcher d’une main. Elle se retourna alors pour ouvrir un de ses sacs, le plus gros, et en répandit le contenu par terre. Fruit, graine, morceaux de viande et de pains et tant d’autres denrées alimentaires se répandirent sur le sol de l’église.

___« Venez, Nio vous a apporté à manger, comme d’habitude. Vous n’allez pas dire à Nio qu’elle  vous fait encore peur depuis toutes ces années, non ? Elle en a connu certains d’entre vous sur plusieurs générations ! »

___Les animaux hésitaient encore à se rapprocher. La succube remarqua alors qu’elle avait encore un peu de sang sur le visage.

___« Oh… Nio a compris. C’est le sang qui vous fait peur ? Faut pas, c’est du sang d’humain. Nio s’est juste amusée un peu avec une amie un peu avant de venir. Voilà, y a plus rien comme ça, c’est la Nio que vous avez toujours connue ! »

___Elle s’essuya rapidement la bouche et les joues puis regarda à nouveau autour d’elle. Après quelques instants de silence, la succube se retrouva entourée de centaines de petits êtres. Mammifères, oiseaux, reptiles aussi, il y avait de tout, mais aucun plus gros qu’un petit chien. Leur petite taille avait beau être une faiblesse à l’extérieur, ici, elle était leur salut, leur ayant permis de trouver refuges dans ses ruines autrement inaccessibles. Cependant, la nourriture se faisait rare par ici, et depuis la chute de Médiéval, Nio leur apportait régulièrement de quoi survivre. Elle profita de la cohue pour en caresser quelques-uns puis souleva son deuxième sac et s’éloigna du festin.  
___Elle s’approcha de l’autel de l’église et abaissa un des bougeoirs accrochés au mur. Une lourde dalle de pierre pivota dans un bruit sourd. Sous celle-ci, on distinguait un sommaire escalier de pierre s’enfonçant sous l’ancien édifice à la gloire de Dieu. Quelques torches encore entretenues par la démone éclairaient ces souterrains glissants. Les cryptes de cette église s’étiraient sous une grande partie de la ville, offrant un immense labyrinthe agrémenté de galerie naturelle ici ou là. Quelqu’un ne connaissant pas les lieux s’y perdrait à coup sûr, mais la succube savait pertinemment où elle allait. Ce n’était pas la première fois qu’elle venait ici. Pour tout dire, elle y venait régulièrement depuis bien avant la chute de la ville. La bataille avait simplement fait s’effondrer certaines galeries et elle avait été obligée de trouver une nouvelle entrée qui passait par le chœur de l’église. C’était un humain qui lui avait fait découvrir cet endroit, il y a bien longtemps. Elle se souvenait toujours parfaitement de cet humain, bien que de nombreuses générations soient passées depuis leur rencontre. D’une certaine manière, elle considérait les souterrains et ce qu’il y avait au bout comme son seul et unique lègue, un souvenir qu’elle chérissait plus que tout au monde.
___Après quelques minutes passées dans ces couloirs oubliés, vibrant d’une gloire passée, elle arriva devant une imposante porte en pierre recouverte presque en totalité de mousse et de lierre. Un regard inattentif n’aurait même pas pu la distinguer des murs. Pour serrure il n’y avait qu’un simple petit orifice cylindrique. Le poids de la porte la rendait impossible à déplacer manuellement, quant à utiliser la magie, la porte semblait repousser tous les sortilèges imaginables. Cependant, Nio n’était pas totalement sûr de cette dernière affirmation. Sa puissance magique était très loin des plus grand démons et ne lui avait pas permis d’utiliser tout type de sort contre celle-ci. Toutefois, de ce qu’elle savait, le seul moyen d’ouvrir cette porte était avec la bonne clé. Or, cette clé était en sa possession. Elle l’avait toujours eu depuis qu’elle était devenue une succube. La clé était déjà sur elle lorsqu’elle s’était réveillée pour la première fois en tant que succube. Elle l’avait d’ailleurs autour du cou en ce moment même. La « clé », si on pouvait vraiment l’appeler ainsi, était en fait un rosaire, creux, qu’elle gardait constamment sur elle, quelle que soit la situation, cachée entre ses seins. À l’intérieur du Rosaire, elle conservait quelques gouttes de sang. Certaines provenaient de compagnons de jeu passé, d’autres étaient de son propre sang. D’autres encore avaient une origine bien plus obscure. Enfin, une unique goutte était présente au fond depuis avant même qu’elle n’ouvre le rosaire pour la première fois.
___Nio se saisit du rosaire et l’enfonça dans l’encoche au centre de la porte de pierre. Une lumière s’échappa de la serrure de pierre puis se propagea dans des rainures gravées le long de la porte, faisant apparaitre des symboles dans une langue oubliée. Peu après, la pierre trembla et la porte se déplaça, dévoilant un petit passage. La succube s’y engouffra avec son sac et la porte se referma derrière elle. Elle arriva dans une grande salle vide au centre de laquelle se trouvait un petit autel de pierre. Des cristaux emplis de magie étaient accrochés aux plafonds, éclairant la pièce d’une douce lumière bleutée.

___« Nio est rentrée. »

___Seul l’écho lui répondit. Mais cela n’empêchait pas la succube de sourire légèrement. Depuis qu’il lui avait fait découvrir cet endroit, elle en avait fait sa « maison ». Ce n’était pas très accessible, sous terre, et maintenant sous une ville en ruine, mais Nio s’y plaisait, sans savoir pourquoi. Depuis le premier jour où elle était venue ici, elle avait été charmée par cet endroit d’apparence pourtant simpliste. Il y avait aussi une autre raison pour laquelle elle venait assez régulièrement ici. Et justement, cette autre « raison » se manifesta après quelques instants de silence.

___« Ça faisait longtemps que tu n’étais pas revenu ici, petite succube. »

___Cette voix. C’était à la fois la première chose qu’elle avait entendu en tant que succube, mais aussi la dernière en tant qu’humaine. C’était à cet endroit qu’elle l’entendait le plus souvent. Pourtant cela ne signifiait pas pour autant que son origine résidait dans ce temple souterrain. Il lui arrivait aussi de l’entendre à l’extérieur. De plus, ce n’est pas avec ses oreilles qu’elle entendait la voix, mais comme venant d’elle-même, directement dans son cœur, bien qu’elle soit sûre qu’elle n’en était pas à l’origine non plus. Avec le temps, elle en avait conclu que cet être s’adressait à elle par télépathie. Ce lieu étant saturé de magie, Nio supposait que c’était la raison pour laquelle elle entendait plus distinctement la voix ici. Quant à savoir pourquoi cette étrange voix lui parlait…

___« Salut ! Ça faisait longtemps aussi que Nio t’avait pas entendu. Nio pensait que tu boudais. »

___La voix ria légèrement avant de répondre.

___« Moi, bouder ? Décidément, je ne me lasserai jamais de toi, succube. Et que viens-tu donc faire ici aujourd’hui ? »
___« Oh, Nio a trouvé plein de chose intéressante ! Mais il faut que Nio les range avant. »

___La succube emprunta un des couloirs partant de la pièce centrale et déboucha dans une autre pièce beaucoup plus grande. Au centre, un escalier à moitié effondré (ce qui ne posait pas de problème, Nio se déplaçant en volant) reliait plusieurs étages. À chaque étage, on trouvait des étagères à perte de vue, toutes recouvertes d’objets parfois ordinaires, souvent surprenants, rarement utiles. Nio s’approcha d’une étagère vide et ouvrit son sac. Elle commença alors à en sortir ses trouvailles. Pour faire simple, cette pièce était la chambre aux trésors de Nio. Elle y entreposait tous les objets intéressants qu’elle avait pu trouver dans les ruines de la ville ou ailleurs. Ainsi, à côté d’un vase banal qu’elle avait trouvé joli, on pouvait trouver un parchemin magique, le crane d’un animal disparut ou encore un globe ou une carte d’une contrée oubliée. Dans de rares cas, on pouvait également tomber sur les têtes décapitées de compagnon de jeu passé, conservées dans divers bocaux. Ils y avaient également quelques documents importants qu’elle avait volé en Enfer auprès de quelques démons haut gradé ayant fait appel à ses services. Elle n’utilisait pas toutes ses trouvailles, elle n’en avait pas l’utilité pour la plupart. Elle préférait les garder et les observer. Lorsqu’elle eut vidé la moitié de son sac, elle le referma et sortit de la pièce, continuant dans un autre couloir.

___« Eh bien, eh bien, tu en as des choses aujourd’hui, petite succube. »

___Elle arriva alors dans une autre pièce dont la structure était en tout point identique à la précédente, à la différence près qu’on n’y trouvait plus des objets quelconques mais seulement une certaine catégorie. Cela ressemblait à une immense bibliothèque. Des livres de toutes sortes en recouvraient tous les recoins, du sol au plafond. Conte pour enfants, recette de cuisine, récit de guerre, histoire des différentes espèces, roman de fictions, ou même traité scientifique. Ces derniers étaient ses préférés, particulièrement ceux sur la magie et l’alchimie.
___Le reste de son sac contenait ses dernières trouvailles : quelques livres de magie qu’elle rajouta sur une étagère libre, sauf un qu’elle garda sous le bras. C’était son plus grand plaisir, amasser un grand nombre de connaissance, bien qu’elle ne puisse toutes les mettre en pratique. En dehors de quelques sortilèges basiques ou directement lié à son statut de démone succube, Il n’y avait qu’un seul type de magie qu’elle maitrisait particulièrement bien : la magie du sang. Elle pouvait ainsi agir sur son sang à volonté pour créer des lames tranchantes, le solidifier pour se protéger, ou encore refermer instantanément de petite blessure. Mais ce qu’elle préférait, c’était créer une faux à partir de son sang. Cela lui rappelait les bons souvenirs de tous les crimes qu’elle avait commis en tant qu’humaine, armée à l’époque d’une faux similaire. Elle pouvait également agir sur le sang d’autrui, mais avec beaucoup plus de difficultés et à moindre échelle.
___Lorsque Nio ne trouvait personne avec qui jouer, elle aimait revenir ici pour lire et augmenter sa connaissance. Elle avait lu presque tous les ouvrages se trouvant dans cette bibliothèque. Et si on le lui demandait, elle était capable de citer avec exactitude n’importe quel passage qu’elle avait lu même une seule fois, de la formule la plus compliquée d’un livre au troisième mot de la dix-septième page du quatrième volume d’une encyclopédie sur les types de plantes carnivores en milieu extrême. Cependant, il était rare que quelqu’un lui demande de telles informations. Elle avait conscience que la majorité des démons ne la voyait que comme un jouet sexuel, tandis que les anges ne voyaient qu’une démone parmi tant d’autres. Mais elle ne s’en souciait guère. Si cela pouvait lui permettre d’obtenir de nouvelles informations tout en s’amusant, alors elle n’y voyait aucun problème. Quant aux autres créatures, rares étaient ceux souhaitant demander un renseignement à une succube.

___« Dis, aujourd’hui non plus tu veux pas dire à Nio qui tu es vraiment ? »
___« Hum… Cela fait combien de temps maintenant depuis la première fois que tu m’as posé la question ? »
___« Nio a arrêté de compter. Surement quelques siècles, elle ne sait plus trop. »
___« Eh bien, ma réponse n’a toujours pas changé. C’est tellement plus amusant de te voir dans l’ignorance. D’ailleurs, tu ne serais pas forcément ravie de la réponse. Et de toute façon, c’est bien pour ça que tu amasses tous ces ouvrages, non ? Pas seulement pour savoir qui je suis, mais aussi « pourquoi toi », n’est-ce pas ? »

___Nio tiqua sur la fin de la phrase de la voix. Il est vrai qu’elle avait toujours voulu savoir qui était cette voix qu’elle entendait, d’où elle venait, mais ce qu’elle voulait savoir encore plus, c’était pourquoi elle n’était pas morte sur ce bûcher, il y a bien longtemps. Généralement, on naît ange ou démon. En temps normal, tout du moins, il n’est pas possible de « devenir » démon pour un simple être mortel. Il faudrait utiliser d’un puissant sortilège, mais la Nio humaine ne connaissait rien à la magie. Ou alors, on pouvait faire un pacte avec un autre démon, mais elle n’avait jamais rencontré un seul démon au cours de sa courte existence d’humaine, ni même aucune autre espèce d’ailleurs. Sa vie d’humaine n’avait été entourée que d’autres humains et leurs cadavres. De plus, qui pourrait bien s’intéresser à une simple humaine, certes devenue tueuse en série, au point de la faire revivre en tant que démone ? Nio préféra éviter de continuer sur ce sujet et retourna dans la salle principale, au fond, où se trouvait un lit qu’elle avait fabriqué à partir de certains de ses trésors ramassés et en suivant les instructions d’un livre de bricolage qu’elle avait lu une fois, plusieurs siècles auparavant.

___« Dis, dis, tu sais, Nio s’est fait une copine ! Elle est … »
___« Es-tu vraiment obligé de parler ainsi lorsque tu es seules ? Surtout ici. »
___« Oh… »

___Nio fie la moue, légèrement fâché qu’on l’interrompe pendant qu’elle racontait ses aventures, mais la voix n’avait pas tort non plus. Elle était seule ici, il ne servait à rien de cacher quoi que ce soit ni même de porter un masque. Elle ferma les yeux puis prit une profonde inspiration. La pierre sur son rosaire changea de couleur. Son sourire éternel disparu, son visage devenant instantanément plus sombre et sérieux.

___« Tch. Je sais bien que je suis seule ici. J'ai toujours été seule, même lorsque j'étais humaine. Mais je me suis habituée à être ainsi, à être « simplette ». Et je m'épuise beaucoup plus vite lorsque je ne suis pas comme ça. De plus, ça me permet en plus d’oublier plus facilement… Tout. À force, il est vrai que j'en viendrais presque à oublier qui je suis vraiment et ce que je souhaite plus que tout. Enfin, il lui est plus facile d’étudier ces livres ainsi, sur ce point, tu n’as pas tort. »
___« Bien, très bien. N’étais-tu pas en train de me dire quelque chose ? »
___« Hum ? Oh, oui, j'ai rencontré une compère succube. Ou plutôt Neko-succube. Je n’avais encore jamais rencontré de croisement de cette espèce. Et… Je dois dire que j'aime beaucoup son apparence ainsi que sa personnalité. Je pense que je retournerai la voir souvent. Je me sentais bien avec elle. Et, nous avons quelques points communs non négligeables… »
___« Ooh, tu t’es fait une amie, donc ? Surprenant venant de toi,  guillotine. »

___Les pupilles de Nio se dilatèrent lorsqu’elle entendit ce nom. Un nom qu’elle n’avait pas entendu depuis longtemps. C’était celui que les rumeurs lui avaient attribuée lors de ses nombreux meurtres en tant qu’humaine, car on retrouvait toujours les corps sans tête, décapité avec une faux aux reflets lunaires. Elle aimait bien ce nom, il lui rappelait avec délice les cris de peur de ses victimes l’implorant pour vivre ainsi que leur sang se répandant sur son visage, bien qu’au final, si elle finissait toujours par leur couper la tête, c’était simplement parce qu’ils l’agaçaient à être trop bruyant lorsqu’elle jouait avec eux. Elle passa sa langue sur ses lèvres en se souvenant du goût de sang de ceux qu’elles avaient tués quand elle était humaine. C’était une des choses qu’elle regrettait le plus depuis sa transformation en succube. Le sang avait toujours bon goût, mais il n’avait plus la même fragrance que pour la Nio humaine. Une odeur enivrante qu’elle ne retrouverait probablement jamais, mais qu’elle continuait de chasser. Ses pensées revinrent alors sur la question de cette voix.

___« Une amie ? Peut-être. Il est vrai que je ne m’était pas sentie aussi proche de quelqu’un depuis bien longtemps. » Elle repensa alors à l’humain qui lui avait fait découvrir cet endroit. « J'ai l’impression d’être avec une sœur lorsque je suis avec elle. J'en suis même arrivée à se demander si je pourrais la faire venir chez elle, ici. »
___« Et lui dire ton vrai nom, en serais-tu capable, Nio Diostia ? »

___Nio fronça les sourcils et mit un terme à la conversation tandis que la voix riait. Elle n’avait donné son nom, Diostia, à personne depuis qu’elle était devenue une succube. Enfin, à l’exception de cet humain, mort il y a bien longtemps. Ce nom la rattachait trop à son passé de servante de l’Église, lorsqu’elle était encore humaine. Cela pourrait lui porter tort que les autres démons le connaissent. Elle se releva à nouveau, s’approchant d’une étrange pierre ovale qu’elle gardait précieusement à côté de son lit. Celle-ci dégageait continuellement une certaine chaleur, et semblait même être prise de spasme par moments. Elle l’avait trouvé en même temps que ce temple perdu. C’était le seul objet encore présent lorsqu’elle avait découvert ce lieu pour la première fois. Elle n’avait jamais réussi à déterminer avec exactitude de quoi il s’agissait, mais ces connaissances accumulées lui permettaient tout de même d’émettre différentes hypothèses. Surement une étrange pierre magique d’un temps oublié, ou peut-être une espèce d’œuf d’un animal disparu, l’hypothèse la plus probable. Mais depuis tous ces siècles, il aurait dû finir par éclore. Par la suite, elle avait décidé de le garder et le protéger, sans véritable raison. C’était un peu comme son premier trésor, et même si elle ne devait jamais savoir de quoi il s’agissait, cette « pierre » garderait une certaine signification pour elle. La succube sortit une de ses griffes et se la planta dans un de ses doigts, faisant sortir une unique goutte de sang qui tomba sur la pierre. Cette dernière trembla un cours instant puis s’immobilisa à nouveau. C’était la seule chose à laquelle elle semblait réagir, le sang, bien que Nio ne sache pas pourquoi. Après avoir fixé l’étrange « pierre » de longues secondes, elle s’allongea dans son lit et se saisit du livre qu’elle venait de ramener. Elle l’avait récupéré dans une taverne. Plus précisément, parmi les affaires d’un de ses derniers camarades de jeu, un mage. Elle en avait déduit qu’il devait s’agir d’un vieux traité sur la magie, écrit il y a bien longtemps vu l’état. Sa lecture favorite. La couverture partiellement brulée ne permettait plus de lire le titre de l’œuvre, ni même le nom de l’auteur. Cependant, l’aura que le livre dégageait ne laissait aucun doute sur l’origine de l’écrivain : un ange, qui plus est possédant une grande puissance magique.
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