Myth

Le forum est déserté. Vous pouvez l'utiliser pour rp autant que vous voulez sans avoir besoin d'être validés. Enjoy.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Apprendre, la manière simple [Solo] [Terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Apprendre, la manière simple [Solo] [Terminé]   Jeu 1 Jan - 20:38

Un jour, mon père a dit qu'il n'y a qu'une manière de remporter une négociation : il faut posséder ce que recherche l'opposant. Relevant la tête en poussant un soupir, je me grattais la tête d’un air exaspéré devant les livres ouverts sur le bureau. Je me demande pourquoi je me rappelle de ça maintenant. Est-ce à cause de la fatigue d’avoir lu le énième livre de la journée ? Je me frottais les yeux avant de jeter un coup d’œil à mes notes. J’en avais un bon paquet, et toutes comprenaient principalement des phrases d’accroches. Un moyen mnémotechnique que j’ai retenu de mes précédentes séances pour ne retenir que ce qui comptait le plus. En même temps, je me donnais la peine de mémoriser l’ensemble des textes que je lisais, et bien que j’aie terriblement du mal à les retenir dans ma tête, au moins j’avais une idée des détails et des petits indices importants qui étaient coincés entre les mots. À la lueur de la bougie, je parcourais une fois de plus tous ces paragraphes que j’avais transcris au fil de mes études. J’étais trop jeune, trop naïf pour remettre en question de ma pleine volonté les écrits de tous ces précédents chercheurs qui désiraient apporter la vérité dans ce monde. Du plus profond de mon âme, je les respectais. Déjà parce que ce n’était pas facile de savoir quoi écrire, et ensuite parce que donner de son temps dans le seul but d’offrir à la fin un livre, j’étais certain qu’ils ont dû passer des moments pénibles. Chacune de mes notes reprenait l’idée principale d’un chapitre ou d’un ensemble d’hypothèses, de cette manière, si jamais j’avais un doute ou un oubli, il me suffisait de retrouver le bout de papier qui rafraîchira ma mémoire.

Voilà, j’ai lu la dernière lettre du dernier mot de la dernière ligne du livre. Je le fermi délicatement, prenant une grande inspiration avant de m’affaler lentement sur le bureau. J’en avais lu combien aujourd’hui au fait ? Et il était quelle heure de la journée là ? Je me redressai rapidement pour pouvoir m’étirer longuement et ohhrhhrhhr ça fait du bien ! Je tendis mon bras vers un bol avant de me rendre compte qu’il était vide. Mince, j’ai épuisé ma réserve de pain, il va falloir que j’aille chercher un autre stock. Baillant à m’en décrocher la mâchoire, je mis rapidement de côté tous ces détails afin de retourner sur mon occupation principale. Des livres, des papiers et de l’encre partout, le bibliothécaire me tuerait s’il voyait ça, il penserait sûrement que j’ai tâché les bouquins. J’arrangeai s un peu mieux le bureau pour qu’il soit moins bordélique, poussant au coin de la table ce  dont je n’avais plus besoin et conservant à proximité ce dont j’avais encore besoin. Pourtant, l’envie de lire un grimoire ou deux de plus m’avait quitté. Je n’avais plus cette impression d’avancer, en fait, j’avais même cette impression que je n’avais rien gagné d’extravagant depuis le début de mes lectures. Chaque auteur donnait son propre avis sur la même question, cela prenait plus la forme d’un débat qu’une solution. Ça ne m’avance plus tout ça ! Je reposais ma tête sur mon bras, accoudé sur le bureau en bois, fatigué de ces longues journées de… Je ne peux même pas appeler cela un labeur ! Mes yeux se posaient alors sur la bougie, la flamme vacillant au gré de ses propres envies. Je l’observais silencieusement danser, partageant sa lueur avec son environnement, éclairant d’une faible lumière mon petit coin alors que la lumière du jour l’étouffait sous son éclat.

« Pourquoi le feu brûle ? »

La bougie suffoquait sous la chaleur insoutenable de la flamme qu’elle portait depuis des heures, transpirant de grosses gouttes de cires qui coulaient sur toute sa hauteur jusqu’au réceptacle. Pour elle, ça devait être un terrible fardeau, pourtant, à mes yeux, il ne s’agissait que d’une petite flammèche, et simplement souffler dessus l’aurait éteint. Comment une si petite chose peut être coupable d’atroces ravages ? Comment une si petite chose pouvait être si utile pour nous ? Comment une si petite chose a-t-elle été apprivoisée par nous ? Je tendis lentement mon index vers le feu, à la fois prudent car je savais qu’elle brûlait et intrigué car j’ignorais pourquoi elle brûlait. La petite flamme tournoyait, virevoltait, puis s’arrêta un moment avant de se tourner vers mon doigt, se penchant d’un côté, puis de l’autre, en arrière puis en avant. Tirée par le fil que j’avais tracé par magie, la flamme s’étirait, se tordait dans un sens, puis dans l’autre, s’écrasait sur elle-même. Amusé par ce divertissement original, j’entrepris de dessiner des formes avec cette seule flamme, d’abord un ovale en élargissant son centre, puis un beau cercle avant de sortir de la flammèche quatre coins, formant un carré distordu. Finalement, je relâchai mon emprise, et le feu, comme s’il était pris par l’embarras, disparu aussitôt, ne laissant à la place qu’un léger trait de fumée qui s’échappa tranquillement vers le haut. Pourquoi le feu brûle ? Peut-être parce qu’il veut se démarquer des autres, et prouver au monde qu’il était capable de grandes choses même s’il n’en avait pas l’air.


Dernière édition par Syriass Drimhduno le Sam 24 Jan - 13:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Apprendre, la manière simple [Solo] [Terminé]   Dim 4 Jan - 23:10

Aux alentours de midi, c’était dans les couloirs extérieurs que je trainais cette fois, ma robe de mage se balançant entre mes déplacements et les faibles courants d’air qui circulaient entre les fenêtres. Mon chapeau fièrement dressé sur ma tête, j’avançais à l’intérieur des corridors ouverts sur le monde, tenant sous mon bras gauche les nombreuses notes que j’avais pris lors de mes séances d’étude. J’avais survolé une quantité de sujets qu’un néophyte pourrait considérer comme incroyable, pourtant j’étais loin d’en être satisfait. Certes, ces heures passées à lire un grimoire m’ont permis d’accumuler pas mal de savoir, mais le problème restait le même : chaque auteur a son point de vue, et s’il arrive qu’un groupe voit les choses de la même manière, le cas le plus fréquent était justement ce manque de cohésion entre leurs arguments. L’un disait ceci, l’autre racontait cela. Je me grattai la tête en me plaignant, me posant des questions sur mon avenir qui devenait davantage incertain à chaque recueil terminé. Au moins ils étaient à peu près d’accord sur les bases, mais lorsqu’il s’agissait de plonger dans un sujet, tout de suite les mots techniques disparaissaient, il n’y avait plus rien qui ressemblait à une explication ou une démonstration, tout n’était plus que théories et hypothèses indécises. Si c’est pour me dire que chacun a sa propre notion sur la magie, autant que je parte dans mon coin pour trifouiller comme je le souhaite ses secrets ! Je soupirais de fatigue, me surprenant à penser à des scènes où je prenais des décisions bien trop décisives sur mon futur. Ce n’est pas moi ce personnage qui soudainement s’enflamme et part on ne sait où, je suis… Eh, pas assez stupide pour m’en aller, mais pas assez malin non plus pour comprendre pourquoi je reste dans ce cas.

Ce couloir menait aux dortoirs, de là je rejoignis mes somptueux, riches et superbes appartements personnels. J’ouvris la porte avant de rentrer dans une chambre de taille moyenne, jetant un bref coup d’œil à tout ce qui constituait mon petit chez-moi. Un lit confortable à ma disposition comptant du bois sculpté, un matelas assez moelleux et une couverture arborant fièrement l’emblème de la cité-état d’Oldross. Un bureau simpliste surmonté d’étagères supportant des babioles en tout genre : des souvenirs, des œuvres façonnées par mes techniques, des écrits qui me permettaient de réviser chaque soir sans oublier une plume et de l’encre, c’était le strict minimum si on voulait transcrire ses pensées. La fenêtre donnait une belle vue sur la ville, cependant, jusqu’à nouvel ordre de ma part, elle restait fermée jours et nuits. Trop de bruit sinon, pas possible de se concentrer dans ces conditions. L’endroit disposait également d’un coin privé pour s’occuper de soit intimement. Je l’utilise quand ça me chante ou quand j’en ai besoin, rien de plus. Après avoir verrouillé la porte d’entrée dans mon dos, je fis quelques pas en direction d’un grand meuble et tira un des divers tiroirs entre les armoires, dévoilant une pile de feuilles tâchées de noir. Il y avait largement de quoi y foutre tout ce qu’on portait sur soit, ce que soit vêtements, objets ou nourritures même si c’était déconseillé pour ce dernier. Jetant puis arrangeant la pile de papiers, je poussai le tiroir avant d’aller me coucher contre mon coussin. Journée de merde, voilà à quoi je pensais en ce moment. Je fermai les yeux afin de me plonger dans mon imagination, mais je devais avouer, le fait que je m’ennuyais m’affectait énormément. J’avais tous les moyens à proximité pour accomplir la moindre de mes envies ludiques, sachant que la magie est mon loisir, pourtant je m’ennuyais fermement. N’y avait-il donc rien d’intéressant à faire ? Je toussai soudainement, me rendant compte de l’état de ma gorge asséchée par cette longue matinée. Inspirant lentement, je lançai un rapide « oh hisse » avant de me relever. Ce superbe meuble où j’avais caché quelques bouteilles d’eau, tout ça pour éviter de sortir trop souvent ou de boire n’importe quoi qui viendrait de n’importe où. Retirant le bouchon, je bu plusieurs gorgées, poussant un large soupir de satisfaction, rassasié et rafraîchi comme un roi ! J’allais déposer la bouteille quand, tout à coup, ce fut comme un tilt.

« Pourquoi l’eau coule ? »

Ces quelques gorgées d’eau approximativement fraîche m’ont fait un bien fou, mais pourquoi exactement ? Non, je pense que je ne cherche pas au bon endroit. Intrigué, j’extirpai une balle d’eau de la bouteille avant d’enfin déposer cette dernière à sa place. L’eau. Qui a décidé qu’il s’agissait d’un élément vital pour nous déjà ? Je m’asseyais sur ma chaise de bureau sans lâcher la bulle, puis la fixa d’un regard intense. L’image que je percevais au travers était difforme et ne cessait de se déformer sous mes yeux alors que je tentais apparemment en vain de stopper net ses mouvements. Sans aucune forme de soucis, la bulle d’eau prenait la forme que je lui ordonnais d’enfiler, qu’il s’agisse de figures géométriques, d’œuvre architecturales, de personnages ou d’outils, sa seule limite était sa taille. Je fus encore plus intéressé par ce cas au moment où mes yeux aperçurent les fins morceaux de poussières que j’ai dû soulever avant. Morceaux de débris inutiles et gênants, ils nageaient pourtant avec facilité et aisance dans ce milieu aquatique, ça en devenait presque spectaculaire. J’essayais alors, tout en gesticulant mes doigts qui tenaient la boule d’eau, de les faire suivre une spirale, définissant la direction du courant pour tracer un cercle. Les saletés suivaient ce cercle, ou du moins suivaient un chemin courbé, se rapprochant de plus en plus du centre de la bulle au fur et à mesure que je la faisais tournoyer. Cette mise en scène m’a assez diverti, me confiais-je intérieurement avant de relâcher mon emprise sur la sphère transparente. Elle flottait toujours dans ma main, mais bien que j’aie arrêté de la forcer à tourner, elle continuait, têtue qu’elle était. Pourquoi l’eau coule ? Peut-être essaye-t-elle d’emporter tout ce qu’elle peut dans son sillage, et de l’amener à une personne qu’elle aime bien avant de continuer son chemin.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Apprendre, la manière simple [Solo] [Terminé]   Mer 7 Jan - 12:54

Le repas était passable, mais il fallait apprendre à s’y habituer. Peut-être avais-je perdu goût aux bonnes choses, ou peut-être étais-je l’un des pires goutteurs que cette terre ait compté jusqu’à aujourd’hui. Je n’étais pas quelqu’un de difficile lorsqu’il s’agit de repas, un peu sceptique et méfiant quand je tente de nouveaux mets, mais dans l’ensemble peu de plats ne me donnaient pas l’envie. C’est surtout les champignons que j’essaye d’éviter… Dans tous les cas, le Soleil brillait haut dans le ciel bleu d’hiver. Nous sommes un peu tôt dans la saison pour voir de la neige couvrir les parcs de l’académie, alors j’imagine que la magie a dû bien aidé pour qu’il y ait une telle couche. L’imaginaire des artistes a repeint toute cette place, de fond en comble, ils méritaient vraiment leur titre me disais-je en riant. Les arbres étaient adroitement guidés à se dresser dans un sens, les buissons étaient finement taillés afin d’enjoliver l’endroit, certains avaient apparemment également tenté des sculptures de glace. Le résultat était absolument bluffant. Je ne me rappelle pas avoir essayé de concevoir des statuettes dans cet élément, mais cet aspect transparent, la diffraction de la lumière qui faisait littéralement briller l’œuvre. Il en devenait difficile de percevoir les faramineux détails qui ont été travaillé par des professionnels, cependant, dans l’ensemble, cela ressemblait à une jeune femme portant une longue et légère robe, une main sur le cœur et l’autre bras levé vers le ciel, une paire d’ailes déployées dans son dos. Un ange. J’étais fasciné par cette figurine haute en taille et en beauté au point d’oublier ce que j’étais venu faire ici, mes yeux ne pouvant quitter la merveilleuse ronde-bosse qui se dressait magnifiquement devant moi. Mais en un battement de paupière, un fort cout de vent me surpris, me forçant à appuyer sur mon chapeau pour ne pas le perdre malgré mes nombreuses notes que je tenais sous mon bras.

J’avoue avoir légèrement paniqué à ce moment, cet instant où toutes mes feuilles s’envolaient au loin, nageant dans un lac invisible avant d’aller se poser plus loin, dans la neige. Dans une course effrénée, je tentais de rattraper mes notes, espérant qu’elles ne soient pas gâchées par l’humidité. J’en ramassais une, puis deux, mais les autres étaient déjà à moitié trempées sur le sol si elles n’avaient pas tout simplement disparu de mon champ de vision, emportées par le courant d’air au loin. Toutes ces heures de travail perdues, nooooon ! Après plusieurs minutes bien tristes pour moi, je m’asseyais à un des bancs, portant dans mes mains le maigre butin de quelques pages rescapées de ce malheur. Un long soupir de désespoir, ce fut ma seule réponse face à cette situation. Je me jetai sur le dossier, penchant ma tête en arrière pour pouvoir contempler ce beau ciel qui nous surplombait, mais mes yeux atterrirent en fait sur cette sculpture d’ange sur laquelle j’étais fixé pendant un moment. Est-ce que je devrais lui en vouloir de m’avoir hypnotisé de la sorte, baissant ainsi ma garde et m’empêchant de ce fait de réagir face à la catastrophe qui venait de se produire ? Ou plutôt, est-ce que je suis vraiment en train de réfléchir à si je dois blâmer une statue pour ce drame ? Je soupirais à nouveau, cette fois en riant un peu en même temps. Des choses qui arrivent, me disais-je pour me consoler. Tant pis, ce n’étaient jamais que des feuilles et des mots, n’en avais-je pas fait une sorte d’overdose récemment à cause d’en avoir trop lu ? Soudainement, je fus surpris en remarquant qu’au bout du bras tendu vers le haut s’était accroché d’une manière ou d’une autre une de mes notes. Intrigué, j’usais de la magie du vent afin d’attirer l’objet en question dans ma main. Ce fut chose aisée, mais pour ce que je venais d’obtenir, une autre feuille en piteux état, ça n’en valait pas franchement la peine. Je soupirais une troisième fois avant de me faire arracher à nouveau la feuille par un courant d’air. Décidément…

« Pourquoi l’air souffle ? »

Impuissant, je regardais la feuille se tortiller au-dessus des toits, entraînée frénétiquement au loin. Je regardais cette fuite lâche… Avant d’en rire de bon cœur. Je ne riais pas car j’étais misérable au point de me faire voler par le vent, mais bien parce que je me suis fait avoir par un élément que je croyais vide. C’est vrai quoi, qu’est-ce que l’air au final ? Il y en a partout, on la respire constamment, on l’expire toute notre vie. Elle est tellement à la fois omniprésente et impalpable qu’on finit par l’oublier. Ah bon sang, oublier qu’un élément aussi proche de nous existe… C’est quand même drôle, non ? Voulant à mon tour m’amuser, j’abattis mon regard sur un tas de neige avant de le pointer du doigt. À partir de là, une brise s’élevait lentement. Le tas de neige ne se soulevait pas, mais les flocons, les uns après les autres, s’envolaient telle une nuée de lucioles blanches. Un serpentin traversait le parc sous mes yeux, naviguant librement sur une route toute décidée entre les arbres, les buissons, et enfin autours de la belle statue. J’espère que c’était beau à voir, mais moi j’aimais bien. Je ne suis pas un artiste au point de chercher la perfection dans le moindre de mes édifices d’art, mais je pense qu’on peut apprécier un peu d’improvisation. Finalement, pour le clou du spectacle, toute la neige qui s’était fait emportée retomba sur terre dans une délicieuse et charmante chute de flocons. Un ange sous la neige, je suppose que c’est beaucoup plus appréciable comme ça. Pourquoi l’air souffle ? Sûrement parce qu’il veut s’amuser et nous embarquer dans une folle aventure alors que nous sommes bien trop occupés à être occupés.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Apprendre, la manière simple [Solo] [Terminé]   Ven 9 Jan - 20:59

L’ombre des bâtiments s’étiraient vers l’Est, les nuages poussés par de forts vents qui ne touchaient pas les hauteurs de la ville traversaient un ciel qui n’avait que commencer à changer de couleur. Ayant fui la bibliothèque et les parcs, je m’étais réfugié dans ma chambre qui me servait également de bureau. D’ici, je disposais de toute la liberté dont j’avais besoin. Une pomme dans ma main droite et un nouveau livre dans ma main gauche, j’étais assis là depuis mon retour, la chaise ayant l’avantage de ne pas grincer contrairement au lit. Mes yeux glissaient de gauche à droite, suivant les lignes écrites sur les pages avec un intérêt tout particulier. Le thème était « La magie et l’âme ». J’avais toujours un peu de mal avec cette notion, quels étaient les faits concrets, finalement ? J’avais compris que le corps et l’esprit étaient deux parts du même être, la première agissait sur le monde tandis que la seconde pouvait contrôler l’Ether. Non, ce n’étaient pas les mots exacts… C’est compliqué, cette partie ! Mais c’était précisément pour cette raison que je bouquinais, plantant mes dents dans le fruit rouge et sucré avant d’en arracher un morceau, mâchouillant avec satisfaction et appétit. Sa texture était fraîche et croquante, également douce et somptueuse, son jus qui coulait sur mes papilles gustatives ne cessait de les exciter. Ce naturel et savant mélange de confiserie et de pétillante saveur était assurément la cause de ma préférence pour ces aliments. Je tuais donc le temps ainsi, pensant passer le reste de la journée à lire, grignoter et rester assis. Quand mes yeux se posèrent sur la dernière phrase lisible, le vent tourna la page afin de révéler la suivante. Hop-là, sans les mains. Il y avait des avantages à savoir utiliser la magie, tout ce qu’il fallait était de savoir pour quel but l’utiliser. Sauver le monde en était un, aider ceux dans le besoin en était un autre, tourner la page de son livre en était également un. L’âme était donc le point de relais entre l’utilisateur et la magie qui existait en nous. C’était bon à savoir, cependant je ne voyais pas en quoi cela pouvait m’être utile.

D’un geste de la main, je refermai le livre, provoquant un gros « boum » typique des grimoires qu’on manipulait sans faire attention. Un recueil terminé de plus, mais pas la moindre illumination de mon côté. Certes, c’était amusant au début, découvrir tout un tas de théories, comprendre des essais aussi vagues que complexes, assimiler des hypothèses démontrées plus loin, mais maintenant… Je soupirais d’agacement, légèrement lassé de ces leçons qui ne m’apportaient plus rien. Croquant une dernière fois dans la pomme, finissant ainsi mon léger casse-croûte que je jetai sans retenue par la fenêtre, je me dirigeai vers l’entrée de mon lieu de travail personnel, tirant la porte avant de poser un pied à l’extérieur. Une fois dehors, j’avançais direction la bibliothèque pour déposer le livre que je tenais, n’ayant plus d’intérêt à le garder près de moi sinon pour caler un meuble. En chemin, je rencontrais de nombreuses personnes, qu’il s’agisse d’intervenants externes à l’académie, d’étudiants, de magiciens de classe supérieur ou autres. S’ils parlaient, je ne les écoutais pas. S’ils me fixaient, je ne croisais pas leur regard. Je n’avais pas envie de discuter avec qui que ce soit pour l’instant. Je n’en n’avais pas l’humeur. Je me contentais uniquement de poursuivre ma route jusqu’à enfin arriver aux portes de ma destination. Marchant aussi discrètement que je le pouvais entre les étagères remplies de livres en tous genre, je parti à l’endroit où j’avais pioché le mien afin de le déposer à sa place d’origine. Maintenant que j’étais soulagé de ce fardeau, il ne me restait plus qu’à en choisir un nouveau avant qu’il ne se fasse tard, bien que conscient que je pouvais en emporter plus d’un, mais je devais avouer avoir la flemme d’en transporter autant en même temps sur une si longue distance. Un cycle bien ennuyeux m’attendait… Ayant perdu l’envie de lire pour aujourd’hui, je choisi par défaut de retourner dans mon lit pour me préparer à une longue nuit de sommeil avant de m’interrompre moi-même, me rendant compte qu’il manquait quelque chose.

« Pourquoi la terre dort ? »

C’est vrai. J’avais médité sur chacun des trois autres éléments dans cette journée, mais à aucun moment ce dernier ne me vint à l’esprit. Pourquoi ? Parce qu’il ne brillait pas comme le feu ? Parce qu’il ne déshydratait pas comme l’eau ? Parce qu’il ne claquait pas les portes comme l’air ? Pourtant, tout comme ce dernier, il est certainement l’un des éléments les plus imposants. Nous le foulons chaque jour, à chacun de nos pas. Nous le cultivons avec nos champs, nous le travaillons pour construire des routes. Il nous permet de réaliser tant de choses, pourquoi je ne le remarque que maintenant ? Alors que je me rendais aux dortoirs, je tendis d’un coup l’oreille lorsque j’entendis deux élèves parler de leurs cours avec un certain professeur. Un professeur… Ah oui, j’avais carrément oublié que l’on pouvait s’inscrire à des séances d’enseignement, un truc du genre. Ça, ça pourrait m’intéresser, de rencontrer quelqu’un qui s’y connaissait mieux que moi… J’vais faire ça tout de suite. Ah, j’viens d’oublier mon analyse sur la terre… Est-ce vraiment un élément que l’on peut oublier si facilement que ça ? Il fallait croire avec stupéfaction que c’était loin d’être faux, apparemment. Je souris légèrement, finalement content que toute cette histoire se termine plutôt bien. Pourquoi la terre dort ? Honnêtement, je n’en sais rien, car quand elle se réveille, des catastrophes sont engendrées. C’est peut-être pour ça d'ailleurs...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Apprendre, la manière simple [Solo] [Terminé]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Apprendre, la manière simple [Solo] [Terminé]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Arrivé a Jadielle...Mouillé...(Solo) [TERMINÉ]
» Un soupir vient souvent d'un souvenir ... [solo, terminé]
» Un anniversaire, une nostalgie [Solo] [Terminé]
» Enfin une issue [SOLO] (terminé)
» Série de meurtre en Mavreah [Rp solo terminée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Myth ::  :: Quartier des Erudits-
Sauter vers: