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 [Solo] Folie quotidienne [Fini]

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Satanis
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MessageSujet: [Solo] Folie quotidienne [Fini]   Sam 13 Déc - 18:44

Au plus profond de la salle des tortures, par-delà les cris de supplications des âmes meurtries en ces lieux, par-delà la peur et la raison, se trouve un sombre et étroit couloir. Éclairé faiblement par quelques torches enflammées, les murs en sont recouverts de tableaux représentant tous des portraits aussi divers que variés. Ces tableaux partagent pourtant une caractéristique commune : tous les êtres qui y sont représentés n’ont pas de visage. À la place, un vide obscur semblant vouloir aspirer l’âme de celui qui s’attarderait trop dessus. Un simple regard suffit pour sembler entendre des hurlements de haine et désespoir émaner des dessins. Pourtant, aucun son ne s’y fait entendre. Au fur et à mesure que l’on s’avance en ce couloir, le silence se fait de plus en plus envahissant. Même pour les oreilles les plus sensibles il devient impossible d’entendre les cris provenant de la salle des tortures. Lorsqu’enfin on arrive au bout du couloir, une porte d’acier se tient devant soi. À ce point, la seule source sonore présente est celui qui se tient devant cette porte. Un être faible deviendrait instantanément fou à entendre jusqu’à son propre sang circuler dans ses veines. Chaque battement de cœur devient un coup de marteau porté à la tête du visiteur. De l’autre côté de la porte se trouve un lieu ne semblant à première vue pas avoir sa place en Enfer.

Une pièce rectangulaire à la propreté et au calme irréel. Des armoires et étagères pleines de livres recouvrent la longueur des murs. Une porte menant plus profondément en ces lieux se trouve sur la droite, dans la largeur. À l’autre extrémité de la pièce, l’âtre d’une cheminée, seule source de lumière de la pièce, le lent crépitement des flammes résonnant dans la pièce. Le sol dallé arbore une teinte blanchâtre et réfléchit d’autant plus la lumière dansante des flammes. En guise de meuble, on n’y trouve qu’un fauteuil face à la cheminée et une table de chevet à côté de celui-ci. Si la table n’était qu’une simple fabrication de bois verni, le fauteuil, lui, était fait d’une matière semblable à du cuir. Plus exactement, un regard observateur remarquerait que l’intégralité du fauteuil était recouverte par des visages cousus entre eux et au niveau des yeux et de la bouche.

Assis sur le fauteuil, les jambes croisées, se trouvait un homme, ou plutôt un démon, le maître des lieux, démon de la souffrance, Satanis. Celui-ci avait son regard plongé dans les flammes. Sur la table à sa gauche était posé son masque dont l’ombre s’étendait à travers la pièce. Sa main gauche reposait sur l’accoudoir du fauteuil tandis que sa main droite tenait une tasse à hauteur de son visage, légèrement sur sa droite.


*plic*


Une goutte tomba dans la tasse et perturba la surface calme du liquide. Le démon ne bougea pas. Il était parfaitement immobile et silencieux. À cet instant, personne n’aurait été capable de dire ce qu’il pensait. Cette pièce était une espèce de « sanctuaire » où il se retrouvait au calme pour réfléchir. Rares étaient ceux à venir l’y déranger. Tout au plus pouvait-on compter les quelques visites de Déria ou Meridian.


*plic*


Une nouvelle goute rouge tomba dans la tasse. Le démon l’apporta alors au niveau de ses lèvres et en but une gorgée. Si un esprit curieux s’était trouvé là et avait cherché à connaitre l’origine de ses « gouttes », il n’aurait vu qu’une étrange masse sombre suspendue au plafond. Une des buches dans la cheminée claqua et éclaira un cours instant la pièce d’une lumière plus aveuglante. Cette « masse » était en réalité un ensemble de corps écorchés, maintenus ensemble par de fines  ficelles aussi tranchante que des rasoirs, s’enfonçant chaque seconde un peu plus dans la chair ensanglantée de ces corps. Le sang coulait ensuite le long de ces ficelles avant de finir de se rassembler à la pointe de la masse d’où des gouttes tombaient à intervalles réguliers dans la tasse du démon quelques mètres en dessous.

« Maître…. »

Une autre créature venait d’arriver dans la pièce, se tenant dans l’ombre, à l’autre bout de la pièce. Le démon ne réagit pas à l’interpellation et but une nouvelle gorgée en restant silencieux. Le crépitement des flammes s’imposa à nouveau dans la pièce. La créature s’approcha un peu plus, tout en restant dans le dos de son maître.

« Maître… Il est… temps… »
« Je sais, Alexander… Je sais… »

Le démon posa sa tasse sur la table à sa gauche. Il alla pour se saisir de son masque lorsque son geste fut interrompu par une dernière goutte tombant et éclaboussant le sol immaculé de la pièce. Il resta immobile quelques secondes avant de terminer son geste et de mettre en place son masque sur son visage. Il se leva de son fauteuil et se retourna pour faire face à la créature qui l’avait interpelé. Devant lui se tenait une espèce de chien à la crinière longue trainant sur le sol. Une chimère. La première douée d’intelligence que le démon avait créé, quelques décennies après sa chute aux Enfers. Lors d’une de ses premières sorties en Dilysia suite à sa transformation en démon, il était tombé sur une petite fille jouant avec son chien à l’extérieur d’une ville humaine. Le chien s’appelait Alexander. La fille ? Il en avait depuis longtemps oublié le nom. L’occasion était parfaite. Il les avait enlevés, tués, et, à son retour en Enfer avec ses prises, avait repris ses travaux, créant ainsi sa première chimère doué de raison. Elle avait quelques difficultés à s’exprimer et n’était douée d’aucune capacité physique, mais Satanis l’avait gardé comme « intendant ». Si une de ses créations s’était permis de l’interrompre dans un moment de calme, c’était car le démon avait un engagement. Un rendez-vous dans les quartiers sombres d’une ville humaine.

« Alexander, pendant mon absence, fais nettoyer cet endroit. Et décroche-moi cela, le sang a tourné. Tu peux donner ce qui reste aux autres chimères, cela fait un moment qu’elles n’ont rien mangé. »
« Bien… Mon maître… »

Le démon disparut en un instant dans un nuage de fumée, laissant seule la chimère qui immédiatement s’attela à la tâche qui lui avait été confié. La créature laissée seule leva le museau vers la masse de chair ensanglantée suspendue au plafond. Parmi celles-ci, un œil se tourna vers elle, une larme coula, et une bouche sans lèvres s’entrouvrit sans un son, semblant demander grâce et qu’on l’achève.


Dernière édition par Satanis le Mer 24 Déc - 1:38, édité 2 fois
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Satanis
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MessageSujet: Re: [Solo] Folie quotidienne [Fini]   Mar 16 Déc - 2:38

L’orage tonnait en cette nuit. La ville, d’ordinaire si calme et silencieuse, semblait étrangement paralysée par une aura de mort. L’eau ruisselait dans les ruelles, emportant tout sur son passage, ne laissant qu’un vide dérangeant. Les habitations avaient toutes leurs volets fermés pour se protéger des intempéries. Quelques lueurs s’échappant de diverses fenêtres étaient les seuls indicateurs que la ville n’était pas encore totalement endormie.

À cette heure tardive, il n’y avait qu’un seul être encore dans les rues de la ville, un homme se tenant devant une lourde porte métallique d’une vieille maison des quartiers sombre de la ville. Alors que la pluie violente s’abattait sur la ville, l’homme masqué était parfaitement sec. Juste où il se trouvait, aucune goutte ne tombait, comme terrifié par l’homme. Il se saisit du heurtoir et frappa deux coups brefs. Le judas coulissa en grinçant et une paire d’yeux observèrent l’homme à l’extérieur. La trappe se referma, un bruit de serrure se fit entendre puis la porte s’entrouvrit pour laisser apparaitre un homme de grande taille. Bien qu’une longue cape le recouvre entièrement, on pouvait tout de même deviner la tenue des gardes de la ville par-dessous, avec notamment la poignée de l’épée dépassant. Le garde jaugea le nouvel arrivant du regard quelques secondes puis se décala sur le côté en ouvrant un peu plus la porte.

« Nous vous attendions. Entrez. »

L’homme masqué entra sans prononcer un mot, après une brève salutation d’un mouvement de tête. Le garde referma la porte derrière lui et se saisit d’une lanterne.

« Suivez-moi. »

Il les guida plus profondément dans la maison, au deuxième étage, devant une porte autour de laquelle se tenaient deux autres gardes encapuchonnés. Un quatrième garde dormait sur des tonneaux à côtés.

« Réveille-toi imbécile ! »

Celui qui avait fait entrer l’étranger, le chef apparemment, donna un coup de pied dans les tonneaux, ce qui réveilla en sursaut le quatrième garde.

« Allez, bouges-toi et ouvre la porte ! On a pas que ça à foutre… »

Le garde, encore un peu endormi, s’exécuta en grommelant. Il se saisit d’une clé et déverrouilla la porte puis s’écarta du passage avant de se rassoir sur les tonneaux et se rendormir aussitôt. Posant une main sur la poigné, le « chef » s’apprêtait à ouvrir la porte quand il se tourna vers l’homme masqué, resté silencieux depuis son arrivée.

« Ça me fait toujours vomir d’avoir recours à vos services, mais il est vrai que personne ne vous résiste… » Dans un murmure, bien que l’homme masqué l’entendît, il ajouta « Et puisque vous êtes dans les bonnes grâces du Roi… »

Le garde sembla attendre une réaction de l’homme masqué mais n’en eut aucune. Il murmura quelques jurons puis ouvrit la porte et se déplaça sur le côté.

« Il est tout à vous… Tachez juste de le garder en vie, nous devrons par la suite le juger pour ses actes… »

L’homme masqué entra dans la pièce. La porte se referma violemment derrière lui et le bruit d’un verrou se refermant se fit entendre. La pièce n’était pas très grande, ne disposait d’aucune fenêtre et n’avait pour seule source de lumière qu’une simple bougie posée sur une longue table en bois pourri. Un homme nu était attaché aux mains et aux pieds à une grande croix de bois formant un X appuyé contre le mur. Sa peau était recouverte de blessure et sa respiration haletante. De longs cheveux retombaient sur le devant de sa tête, rendant son visage difficile à voir.

« Aaaah…. Aaaahhh….. Tss… Alors… Aaaah…. C’est vous le prochain ? Aaaah… À me torturer ? Aaaah… Aaah… Vous pouvez… Aaah… Faire ce que vous voulez… Je ne parlerais pas… Aaaah… Cinq autres sont passés avant vous, vous savez ? Aaaaah… »

Satanis observa silencieusement l’homme, un ancien soldat à en juger au tatouage qu’il portait sur l’épaule gauche. Il se retourna et s’approcha de la table avant d’y déposer un lourd rouleau de tissus qu’il déplia. Toutes sortes d’outils s’y trouvaient. Il commença alors à faire glisser ses doigts sur les différents objets métalliques.

« Je vous prierais de ne pas m’associer aux incapables étant passé avant moi. Ils ne savent rien de ce qu’est la véritable torture. »

Il se saisit d’un simple scalpel et releva la tête en direction d’un miroir accroché au mur. Il savait pertinemment qu’il s’agissait d’un miroir sans tain et que, de l’autre côté, plusieurs hommes l’observaient avec attention.

« Je me nomme Anastis. »
« Tss… C’est bien… Aaaah… La première fois qu’un bourreau se présente… Aaah… Je suis… »
« Je n’ai que faire de votre nom. Cherchez-vous à connaitre l’identité des cafards que vous écrasez en vous levant le matin ? »

L’homme attaché ne répondit pas. Satanis fit glisser la lame du scalpel contre son gant, comme pour vérifier l’état de la lame.

« Bien, et si nous commencions ? »

Le dénommé « Anastis » s’approcha et apposa la lame du scalpel contre le torse du condamné.

« En général, je ne réponds pas à de telle demande… ennuyeuse… Mais il se trouve qu’aujourd’hui, le public est des plus… intéressants… Une belle occasion pour montrer mes talents… Aussi ai-je décidé de faire démonstration de différentes techniques. J’espère que vous vous montrerez coopératifs. »
« Hnng !! »

L’homme se mordit les lèvres en retenant un cri alors que la lame du scalpel pénétrait sa peau. D’un mouvement habile, « Anastis » fit glisser la lame le long de sa poitrine et traça un petit  arc de cercle au-dessus du téton gauche, laissant une plaie saignant abondamment.

« La torture physique est la plus répandue et également la plus facile d’accès, dirons-nous. N’importe qui peut infliger des blessures à un corps et je serais prêt à parier qu’il s’agit là de la seule torture que vous ayez subi jusqu’à présent. Cependant, il faut tout de même savoir pousser la chose plus loin. »

Le démon retira son scalpel et essuya la lame sur un petit morceau de tissu avant de se saisir entre deux doigts le morceau de peau qui pendouillait lamentablement sur la poitrine de l’homme. D’un mouvement sec vers le bas, il tira dessus, arrachant la peau du condamné en une large bande allant de son téton à son bas-ventre. Le démon regarda la bande de peau qu’il tenait dans les mains et le sang qui s’était répandu sur son gant tandis que l’homme hurlait de douleur.

« Hum… Encore un gant qu’il faudra changer… »

Il se saisit d’un petit sachet contenant une sorte de poudre blanche.

« Bien sûr, la difficulté réside dans le fait qu’il faut maintenir la victime en vie. Mes… « employeurs »… n’apprécieraient pas que vous mourriez sans avoir parlé, aussi, me permettrez-vous de « désinfecter » la blessure ? »

Anastis versa une petite quantité de la poudre, du sel, dans sa main avant de l’appliquer sur la blessure de l’homme attaché. Un autre hurlement retentit dans la pièce. Anastis échangea le scalpel pour un couteau beaucoup plus large et à la lame légèrement rouillé.

« Certains préféreront y aller plus franchement dans la découpe, tant que les blessures sont traitées rapidement afin que la victime ne meurt pas. »

Il abaissa violemment la lame sur la main gauche du prisonnier. La main tomba au sol avec un bruit sourd, prise de spasme, tandis que l’homme ramena près de lui ce qui restait de son bras en hurlant. L’homme commençait à être recouvert de plus en plus de sang. D’un geste, Satanis fit apparaitre une flamme sur le bras gauche de l’homme, le brulant fortement tout en cautérisant la plaie.

« Cependant, ces tortures « physiques », bien que très attrayantes peuvent se révéler inefficace sur les plus résistants et sont à la longue ennuyeuse. Bien que, sans vouloir vous offenser, misérable insecte, je pense qu’il ne serait pas nécessaire d’aller aussi loin avec vous. Passons donc à la suite, voulez-vous ? Une de mes préférés. Veuillez regarder par ici, je vous prie. »

Anastis s’approcha d’une armoire et l’ouvrit en grand. Face à la douleur, la vision du condamné se troublait de plus en plus et ses forces le quittaient peu à peu. Dans un ultime effort, il releva la tête en direction de son bourreau masqué. Après quelques secondes d’efforts, il distingua deux formes dans l’armoire. L’instant d’après, il les reconnut. Ses pupilles se dilatèrent soudainement. Son sang bouillonnait en lui. Alors qu’il n’avait presque plus de force quelques instants auparavant, voilà qu’il se mit à hurler en se débattant. Les deux formes dans l’armoire étaient sa femme et son fils unique, bâillonnés et tremblants de peur.

« NE… NE LES TOUCHEZ PAS ! ILS N’ONT RIEN FAIT ! ILS N’ONT RIEN A VOIR AVEC TOUT CA ! VOUS N’AVEZ AUCUN DROIT DE LEUR FAIRE DU MAL ! »
« Ahahahahah ! Aucun droit ? Mais mon cher ami, si on a fait appel à moi, c’est que c’est vous qui n’avez plus aucun droit. Vous êtes-vous déjà demandé si les insectes que vous écrasiez n’avaient pas une famille eux aussi ? Pourquoi vous auriez le droit à la vie et pas eux ? Bien, par où vais-je commencer… »
« Non ! Pitié ! Je vous en supplie ! Ne leur faites pas de mal ! Tout mais pas ça ! Je… Je vais parler ! »
« Vous allez parler ? Hum… Voilà qui est ennuyeux, je commence à peine à m’amuser… »

Anastis appuya une lame contre la gorge de la femme. Une goutte de sang coula le long du scalpel tandis que la femme tremblait et pleurait en regardant son mari dans les yeux. L’enfant s’agitait de plus en plus en voyant le sang de sa mère.

« Nooon ! Arrêtez ! Je vais tout vous dire ! C’est pour demain ! Vers midi, sur la place centrale. Trois hommes, postez aux entrées Nord, Sud et Est… Ils… »

La porte de la pièce s’ouvrit violemment et le garde qui avait amené Anastis jusqu’ici entra en trombe.

« Tch, nous arrivions à peine à la partie intéressante. Tant pis, abrégeons. »
« Ça suffit ! Il a parlé, nous avons ce que nous voulions, arrêtez main… »

Le garde n’eut pas le temps de finir sa phrase, choqué par ce qu’il venait de se passer sous ses yeux. D’un geste rapide et discret, le démon avait tranché la tête de la jeune femme et de l’enfant. Les deux têtes tombèrent au sol et roulèrent jusqu’aux pieds de l’homme toujours attaché. Silencieux quelques secondes, la gorge serrée, il tendit son moignon vers la tête de sa femme sans pouvoir l’atteindre. Une larme coula le long de sa joue et tomba en plein sur l’œil de sa femme. Il se mit alors à hurler comme jamais auparavant. Le démon lâcha le scalpel qui tomba au sol. Le condamné avait perdu la tête en voyant sa femme et son fils mourir devant lui et ne faisait plus que répéter en boucle leur plan initialement prévu pour le lendemain. Satanis ramassa ses outils et, en repassant devant sa victime, remarqua à nouveau le tatouage son épaule gauche, emblème des soldats. D’un claquement de doigts du démon, la peau de l’ancien soldat se découpa en cercle parfait autour de la marque et le morceau de peau vola jusqu’à la main du démon. Le chef des soldats encapuchonnés lui jeta un regard noir.

« Sortez ! »
« Ce n’est qu’un petit souvenir, voyons. Et puis, il n’en aura plus besoin là où il ira. »

Lorsqu’enfin il sortit de la pièce, celui qui semblait être le chef s’approcha de lui.

« Comment osez-vous ?! Cette femme et son fils n’avaient rien à voir avec cette histoire ! Je… Comment avez-vous… Nous avions convenu qu’il n’y aurait pas d’éléments tiers ! »
« Eléments tiers ? Je ne vois pas quoi vous parlez. Nous étions seuls, moi et cet homme dans cette pièce. »
« Quoi ?! »

Il se jeta alors dans la pièce et courut jusqu’à l’armoire. Vide. Il n’y avait personne. Les deux têtes qui avaient roulé jusqu’aux pieds du condamné avaient disparu. Même le sang qui était tombé au sol n’était plus là.

« Qu’est-ce que ça veut dire ?! Anastis ! »

Il se retourna alors vers l’entrée de la pièce mais le démon avait déjà disparu ainsi que le coffret qui devait servir de paiement.

« Où est-il ? Où est le coffre ? »
« Je… Je ne sais pas, chef. Il était là il y a un instant et juste le temps de jeter un coup d’œil dans la salle, il avait déjà disparu. »
« Putain d’bordel… Je hais vraiment ce type… »
« Mais il est efficace au moins… »

Le jeune soldat reçut un regard noir de son supérieur et se tut immédiatement.

« Ça pour être efficace, il l’est. Surement le meilleur. Pour ça qu’on continue à faire appel à lui. Mais si je pouvais, je m’en passerais. Alors que pour d’autres, ce n’est qu’un métier, lui, ça a l’air de l’amuser. Il me répugne… »
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Satanis
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MessageSujet: Re: [Solo] Folie quotidienne [Fini]   Mer 24 Déc - 1:37

La pluie continuait de tomber sur la ville endormie. Sur le toit d’une des maisons abandonnées se tenait Satanis, les mains dans le dos, immobile et le regard porté au loin, par-delà les limites de la ville. Pas une goutte de pluie n’atteignait le démon. Un éclair déchira le ciel nocturne, éclairant la ville d’une lumière blanche aveuglante pendant un court instant.

À côté du démon flottait un petit coffre, récupéré quelques minutes plus tôt en paiement de « service rendu ». Le coffret, finement décoré, valait déjà en lui-même une certaine somme. A vrai dire, en récupérant les pierres incrustées et les gravures dorées, il aurait tout à fait été possible d’acheter une petite maison. Mais le démon n’avait que faire du contenant, c’est le contenu qui l’intéressait. Le démon plaça une main devant lui, paume vers le ciel, et le coffret vint s’immobiliser au-dessus. Celui-ci s’ouvrit et son contenu en sortit, flottant quelques centimètres au-dessus. Le coffre tomba et se brisa lorsqu’il toucha le sol de la rue plus bas. Il fera surement le bonheur d’un mendiant qui le trouvera au matin.

Satanis avança sa main droite et se saisit de l’objet flottant devant lui, auparavant enfermé dans le coffret. Cet objet ressemblait à une sorte de pendentif métallique avec une étrange pierre en son sein.  Il l’observa de longues secondes silencieusement. Puis, il soupira et referma la main sur celui-ci et y concentra un peu de magie. L’objet se mit à trembler, à siffler, tandis que la température de celui-ci augmentait de plus en plus. Puis, un bruit semblable à du verre brisé se fit entendre et une petite fumée violette s’échappa du poing du démon. En rouvrant sa paume, du métal en fusion s’écoula de celle-ci et tomba au sol en de fines gouttes se solidifiant instantanément sous la pluie.

Derrière son masque, le démon fronça les sourcils. Il replaça ses mains dans son dos et perdit à nouveau son regard dans les nuages noirs qui surplombaient la ville.

« Tch… Encore une fois, ce n’est pas le bon. »

Un court instant, une image de sa vie au Paradis lui revint mais il chassa cette pensée rapidement. Il reporta son attention sur la ville. Cette soirée avait été décevante pour le démon. Il lui fallait une autre occupation. De plus, il commençait à manquer de « matières premières » pour ses chimères. Fort heureusement pour lui, à cet instant, il n’était pas seul dans les ruelles de la ville. Deux êtres avançaient mains dans la main sur la ruelle principale. Le démon se laissa alors tomber dans la rue.


*
**


Joséphine et Philippe avançaient main dans la main dans les rues sombres de la ville, sans même se préoccuper de la pluie. Le couple, main dans la main, s’était marié quelques jours auparavant et venait de commencer un voyage tout autour de Dilysia. Cette ville était la troisième de leur long voyage.

« Je t’aime, Joséphine. »
« Moi aussi je t’aime, Philippe. »
« Mais moi je t’aime encore plus ! »
« Ecœurant… »

Un éclair déchira l’obscurité de la nuit, illuminant un court instant la ruelle où se trouvaient les deux amoureux. Face à eux se tenait une troisième personne, un homme masqué en costume rouge. Le couple, submergé de bonheur, ne ressentit pas le danger de cette rencontre.

« Que font deux faibles créatures tels que vous dehors à une heure pareille ? »

Les yeux de Philippe pétillaient de joie tandis qu’il se tournait vers sa moitié.

« Nous venons de nous marier, Joséphine et moi, et nous avons décidé de partir en voyage tout autour de Dilysia. Nous nous sommes rencontrés par une nuit pluvieuse, comme celle-ci, c’est pour ça que nous sommes… »
« Des étrangers… parfaits… Personne ne remarquera leur disparition… »

L’humain répondant au nom de Philippe n’eut pas le temps de terminer sa phrase. En un instant, l’homme masqué s’était retrouvé juste devant lui et plongea sa main dans sa poitrine. Il la ressortit en tenant le cœur encore battant de l’homme qui s’écroula au sol dans un bruit sourd. La femme ouvrit la bouche, prête à hurler, juste avant que l’être masqué ne fasse un rapide mouvement de sa main libre. Un fin fil de sang apparut lentement tout autour de la tête de la femme. Le crane de celle-ci se mit alors à glisser avant de tomber au sol, suivi du reste du corps, mort.


*
**


« De la première qualité, excellent. »

Satanis se tenait devant deux cadavres. Deux humains qu’il venait de tuer. Le cœur de l’homme était en très bon état, une matière première de grande qualité. Chez la femme, il put récupérer des intestins ainsi qu’un utérus n’ayant jamais servi en parfait état. Il récupéra également les poumons, le foie, quelques muscles, et emporta le tout avec lui en enfer, laissant dans la ruelle les cadavres qui ne ressemblaient plus qu’à des tas de chaires informe. De retour dans son sanctuaire, Satanis fit transporter les organes ramenés jusque dans son « lieu de travail » puis alla s’installer dans son fauteuil après s’être servi une nouvelle tasse de « thé ». Alors qu’il laissait son esprit vagabonder au travers de ses souvenirs, il ressentit au loin une présence, dans un lieu particulier. Le démon relia alors directement son esprit à celui de cet être lointain et s’adressa à celui-ci par la pensée.

« Ça faisait longtemps que tu n’étais pas revenu ici, petite succube. »

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